« Il me faut combien de pages ? » C'est souvent la première question posée, et la réponse spontanée — « le plus possible, pour le référencement » — est fausse. Un site d'artisan bien construit tient généralement en cinq à huit pages. Ce qui compte n'est pas le nombre, c'est que chaque page ait une raison d'exister et une recherche à capter.
Combien de pages faut-il pour le site d'un artisan ?
Cinq à huit pages suffisent dans la grande majorité des cas : un accueil, une page par prestation réellement recherchée, une page réalisations, une page contact, et parfois une page « zone d'intervention ». Au-delà, on ajoute rarement de la visibilité — on ajoute surtout des pages vides qui se font concurrence entre elles.
La règle qui compte : une page = une intention de recherche. Si vous ne pouvez pas nommer la recherche Google que vise une page, cette page n'a pas besoin d'exister.

Les pages indispensables
L'accueil
Il doit répondre en cinq secondes à trois questions : qui vous êtes, ce que vous faites, où vous intervenez. Puis orienter vers les pages de prestations et vers le contact. Ce n'est pas une page de présentation, c'est un aiguillage.
L'erreur fréquente : un accueil qui raconte l'histoire de l'entreprise avant de dire le métier. Votre visiteur vient de cliquer sur un résultat Google, il vérifie qu'il est au bon endroit. Rassurez-le tout de suite.
Une page par prestation
C'est le cœur du dispositif, et l'endroit où presque tous les sites d'artisans échouent — en entassant dix métiers sur une seule page « Nos services ». Google classe des pages : dix prestations sur une page envoient dix signaux faibles au lieu d'un signal fort.
Combien de pages de prestations ? Autant que de prestations réellement recherchées et réellement rentables. Pour un électricien, ce sera souvent quatre : rénovation électrique, mise aux normes, dépannage, borne de recharge. Pour un plombier : dépannage, salle de bains, chauffe-eau, chauffage. Pour un paysagiste : création de jardin, entretien, terrasse, clôture.
Ne créez pas une page pour une prestation que vous faites deux fois par an. Elle restera pauvre, et une page pauvre tire tout le site vers le bas.
La page réalisations
Rien ne convainc mieux qu'un travail bien fait, montré en vrai. Une réalisation, ce n'est pas seulement une photo : c'est un contexte (la ville, le type de bien), un problème, ce que vous avez fait, et le résultat. Trois lignes suffisent.
Bonus non négligeable : chaque réalisation mentionne une commune réelle — Montigny-lès-Metz, Woippy, Ars-sur-Moselle — ce qui alimente votre ancrage local sans forcer.
La page contact
Formulaire court, numéro cliquable, adresse si vous recevez, zone d'intervention, horaires. Et une carte seulement si vous avez un local ouvert au public : pour un artisan qui se déplace, elle n'apporte rien.
Les pages utiles selon les cas
- Zone d'intervention — pertinente si vous couvrez un large secteur. Listez les communes réelles et dites en une phrase ce que vous y faites. Attention au piège : générer trente pages quasi identiques, une par village, avec seulement le nom qui change. Google identifie ce schéma et le sanctionne. Mieux vaut une page honnête que trente pages creuses.
- Tarifs — page redoutée, souvent payante. Vous n'êtes pas obligé de donner un prix ferme : des fourchettes et ce qui les fait varier suffisent. Cela filtre les demandes hors budget et vous fait gagner du temps.
- À propos — utile pour les métiers où la confiance prime (santé, conseil, artisanat d'art), secondaire pour un dépannage urgent.
- Foire aux questions — très rentable si vous répondez aux vraies questions du téléphone. C'est aussi le format que reprennent les moteurs et les assistants IA.
Les pages dont vous n'avez pas besoin
- Une page « Nos valeurs ». Personne ne la lit, et elle ne capte aucune recherche.
- Une page « Actualités » vide. Un blog abandonné depuis trois ans dessert plus qu'il n'aide. Soit vous publiez, soit vous n'ouvrez pas la rubrique.
- Une page par commune, dupliquée. Voir plus haut : c'est contre-productif.
- Une page « Partenaires » sans intérêt pour le client.

Comment savoir si une page mérite d'exister
Trois questions, dans cet ordre :
- Quelle recherche vise-t-elle ? Si vous ne pouvez pas l'écrire en une phrase, supprimez la page.
- Ai-je au moins 300 mots utiles à écrire dessus ? Sinon, c'est un paragraphe dans une autre page, pas une page.
- Est-elle différente des autres ? Si deux pages disent la même chose avec des mots voisins, elles se font concurrence. Fusionnez.
Faut-il ajouter des pages au fil du temps ?
Oui, mais lentement et pour de bonnes raisons. Le bon rythme : ajouter une page quand une prestation prend de l'ampleur, ou quand une question revient si souvent au téléphone qu'elle mérite sa propre réponse.
Regardez vos statistiques une fois par mois. Si une page ressort systématiquement, c'est le signal qu'il faut la développer — voire en extraire une page dédiée. C'est ainsi qu'un site grandit utilement, plutôt qu'en empilant du contenu à vide.
Et le budget dans tout ça ?
Le nombre de pages est le premier facteur du prix, ce qui explique la tentation d'en demander beaucoup « tant qu'à faire ». C'est un mauvais calcul : mieux vaut cinq pages solides, bien écrites et bien structurées, que douze pages bâclées.
Pour un artisan ou une TPE de la région messine, une vitrine de cinq à huit pages correspond à un budget de création de 1 500 à 2 500 €. Le détail est sur ma page tarifs, et le raisonnement complet dans le guide du prix d'un site internet.
En résumé
Cinq à huit pages, chacune adossée à une recherche précise, valent mieux que vingt pages génériques. Une prestation importante mérite sa page ; une prestation marginale mérite un paragraphe.
Vous ne savez pas quelles pages créer pour votre métier ? Dites-moi ce que vous faites et où, je vous propose une arborescence — c'est le point de départ de tout site qui fonctionne, et c'est développé dans mon guide du site pour artisan et TPE.
